Falardeau est mort: Salut Poète !

By on September 27th, 2009 in Things We Like... A Lot, Woolf + Lapin TV

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Il crachait sur les morts. Il déflagrait tous ceux qui n’étaient pas de son camp. Il traitait les journalistes d’amuseurs publics (sauf ses dieux mortels Olivar Asselin et Jules Fournier). Il avait honte de son gouvernement. Honte de son peuple mou.

Oui cracher sur les morts, mais aussi cracher dans ses mains, hisser le drapeau noir, et trancher des gorges. Et pour ça, il pratiquait la haine comme Gandhi pratiquait la non violence, dans ses écrits comme dans son œuvre cinématographique.

Comme tout écrivain de conséquence, Falardeau a été contraint. Il en a développé une écriture rythmée à l’ironie brûlante qui, de son propre aveu, venait de la nécessité. Donc, malheur à ceux qui devenaient sa cible. Falardeau, on le sait, ne lâchait pas son homme que démoli, abattu, écrasé et souillé dans des billets souvent câmiques et tout le temps ben l’fun. Ces écrits nous amènent à cheminer à travers son cerveau fumé à l’Export’A. Un cerveau prêt à tout dynamité. Parce que tout comme H.L. Mencken, Falardeau ne poussait jamais un nom contre un verbe sans vouloir faire sauter quelque chose. Il a ainsi créé son propre mythe.

Il avait foi en un idéal, la réalisation de quelque chose d’illogique et purement improbable. Ce matin, Luc Picard disait de lui à LCN qu’il “…était un Don Quichotte à qui seul le combat comptait.” Au-delà de la bataille politique il y avait le Pierre Falardeau qui émulait les poètes Pier Paolo Pasolini, Gaston Miron et Pablo Neruda. Sa plume y va à grandes claques dans son chef d’oeuvre “Temps des bouffons”. C’est, en passant, un slam assez efficace. Et son Gratton restera toujours. En plus d’être un classique, il est aussi un mythe fondateur à la Oliver Twist, à la Sherlock Holmes et pourquoi pas, à la Terminator ?

Mais à la fin, sur son lit de mort se rendait-il compte du constat de sa propre tragédie ? La tragédie Falardienne? Mourir sans pays. Pourtant, la grande gueule, espèce de Voltaire fâché, continuait de vouloir rendre service à un peuple qui ne l’écoutait plus. Qui se zappait vers d’autres ailleurs à la Loft Story, loin de la complaisante Big Business du PQ et d’un fédéralisme English sans lustre.

Un poète de plus de trente ans est un grand enfant. Mais un enfant, où qu’il soit, quoi qu’il pense, c’est l’avenir. Salut, Falardeau ! Dort bien dans les fleurs de lis, les deux mains sur la poitrine. Tranquille.

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Didier Charette
Didier Charette
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